Artist 12 3rd

Faut-il un grand écran pour dessiner du manga ? La XPPen Artist 12 3rd parie que non. Pour environ 200 €, elle réunit un stylet à 16 384 niveaux de pression, deux molettes, huit touches et un support, le tout dans un format à peine plus grand qu’une feuille A4.

Nous l’avons déballée et installée, puis nous l’avons testé pour répondre à une question simple : à qui convient-elle vraiment ? Au débutant qui veut quitter le papier, à l’auteur de webtoon, ou au mangaka qui encre ses planches tous les jours ?

Déballage : un coffret complet

Le carton bleu, couvert de personnages expressifs, tranche avec la sobriété de l’écran : un bloc noir, huit touches et deux molettes sur le côté, le logo XPPen sous la dalle. À l’ouverture, la tablette est bien calée dans son logement, sous une housse de protection.

Boîte illustrée de la XPPen Artist 12 3rd
Tablette XPPen Artist 12 3rd dans sa boîte, sous sa housse de protection

La boîte de l’Artist 12 3rd et la tablette dans son emballage.

Dans la boîte, on trouve :

  • l’écran et le stylet X4 Smart Chip (sans pile)
  • dix pointes de rechange et leur extracteur
  • un câble USB-C vers USB-C et un câble 3-en-1 (HDMI et USB-A)
  • un support pliable, un gant de dessin et un chiffon
  • la documentation et la carte de garantie

C’est plus généreux que la génération précédente, livrée sans support. Seul l’adaptateur secteur manque : il ne sera utile que si votre ordinateur n’alimente pas assez la tablette.

Contenu de la boîte de la XPPen Artist 12 3rd : écran, stylet, câbles et accessoires
Le contenu du coffret : l’écran, le stylet X4, les deux câbles et les accessoires.

Caractéristiques techniques

CaractéristiqueValeur annoncée
Écran11,9 pouces, 1 920 × 1 080 pixels, 60 Hz, laminé, verre mat
Surface active264 × 149 mm
Couleurs99 % sRGB, 97 % Adobe RGB, 97 % Display P3
Luminosité260 cd/m²
StyletX4 Smart Chip, 16 384 niveaux, déclenchement à 2 g, inclinaison 60°
Précision± 0,2 mm au centre
CommandesDeux molettes X-Dial et huit touches personnalisables
ConnectiqueUSB-C complet, ou câble 3-en-1 (HDMI + USB-A)
Dimensions et poids327,2 × 189,1 × 12 mm ; 719 g
CompatibilitéWindows, macOS, ChromeOS, Linux, Android 10+ (avec sortie vidéo USB-C)

Source : fiche officielle XPPen (référence CD121FH).

Ce que ces chiffres veulent dire pour un dessinateur

La définition Full HD sur 11,9 pouces donne environ 185 pixels par pouce : l’image est nette, sans pixels visibles à distance normale. Pas besoin de 4K sur un écran de cette taille.

La surface active est le vrai point à retenir. Avec 149 mm de hauteur utile, une page A4 entière (297 mm de haut) s’affiche à moins de la moitié de sa taille réelle : environ 45 % une fois les barres d’outils du logiciel déduites. Pour encrer, vous travaillerez donc presque toujours zoomé sur une case ou un personnage.

Les 16 384 niveaux de pression doublent ceux de la génération précédente. Ce qui compte vraiment au dessin, c’est surtout le déclenchement très bas (2 g) : c’est lui qui permet de poser un trait à peine visible, comme un crayon bleu effleuré.

Installation : dix minutes, à une condition

La tablette ne fonctionne pas seule : c’est un écran relié à un ordinateur, qui fait tourner le logiciel et stocke vos fichiers. Deux branchements sont possibles :

  • un seul câble USB-C, si le port de votre ordinateur transmet la vidéo (DisplayPort). Vérifiez-le dans sa fiche technique : beaucoup de ports USB-C ne servent qu’à la charge et aux données ;
  • le câble 3-en-1 dans les autres cas, branché sur une prise HDMI et une prise USB-A. Une fiche USB-A rouge supplémentaire apporte du courant si l’écran reste noir ou clignote.

Installez ensuite le pilote XPPen de l’Artist 12 3rd, redémarrez, puis vérifiez que la pression fonctionne dans votre logiciel. Si vous avez plusieurs écrans, associez le stylet à l’Artist 12 dans le pilote et calibrez-le dans votre position de dessin. Le calibrage demande parfois plusieurs essais : prenez le temps de le refaire si le curseur semble décalé.

XPPen Artist 12 3rd allumée sur son support, affichant l’écran de verrouillage Windows, avec son stylet
Première mise sous tension : l’Artist 12 3rd affiche l’écran de l’ordinateur Windows auquel elle est reliée.

Bon à savoir : le pilote propose aussi un menu flottant avec huit raccourcis supplémentaires, et des réglages différents selon le logiciel ouvert. Pratique si vous passez de Clip Studio Paint à Krita ou Photoshop. Sur Android, la tablette exige un appareil avec sortie vidéo USB-C (USB 3.1 et DisplayPort 1.2) : vérifiez ce point avant d’acheter, car beaucoup de téléphones n’en ont pas. Un pilote Linux est également disponible.

Au dessin : un stylet qui fait la différence

Le stylet X4 : des traits fins sans effort

C’est le point fort de l’Artist 12 3rd. Le stylet est si sensible qu’il peut presque dessiner sous son propre poids : il suffit de le laisser glisser pour obtenir une ligne fine. Les plus petits points et les traits les plus légers sont captés sans latence perceptible, et les lignes tracées lentement restent stables. Pour le crayonné et les pleins et déliés de l’encrage, c’est exactement ce qu’on attend.

Le revers d’un stylet aussi sensible : si vous avez la main lourde, vos traits risquent d’être trop épais. Réglez la courbe de pression dans le pilote ou dans votre logiciel avec cette petite routine :

  • tracez des lignes en appuyant de plus en plus fort, de gauche à droite ;
  • enchaînez des ovales, des courbes et des hachures rapides ;
  • répétez avec vos pinceaux habituels : une plume d’encrage et un crayon texturé ne réagissent pas pareil ;
  • ajustez la courbe jusqu’à obtenir le trait le plus fin et le plus épais sans forcer ni retenir votre geste.

Parallaxe : le trait reste sous la pointe

Grâce au laminage, qui colle la vitre à la dalle, les retours sont unanimes : pas de parallaxe gênante, le trait apparaît directement sous la pointe, même stylet incliné. Seul bémol : un léger décalage et un peu plus de latence près des bords de l’écran. Rien de bloquant, mais pensez-y si vous dessinez souvent dans les coins de la toile, déplacer la toile vers le centre règle le problème.

La surface mate : plutôt lisse

Le verre gravé limite les reflets et les traces de doigts. Sa texture est discrète : la glisse est plutôt douce mais reste contrôlée, sans effet de scintillement sur l’image. Si vous cherchez la sensation du papier, vous ne la trouverez pas vraiment ici ; si vous aimez les traits rapides et fluides, ce toucher vous plaira.

Les molettes et les touches

Les deux molettes X-Dial tournent par crans. C’est parfait pour la taille du pinceau ou le changement de calque, moins pour le zoom, qui avance alors par paliers plutôt qu’en continu. Elles sont plus faciles à manier quand la tablette est inclinée sur son support. Les huit touches, elles, ont un clic franc et un peu bruyant.

Notre configuration conseillée pour le manga : taille du pinceau sur une molette, rotation de la toile sur l’autre, et sur les touches : annuler, rétablir, gomme, pipette, main (déplacer la toile) et pinceau précédent. Gardez la même disposition dans tous vos logiciels pour ne pas avoir à réfléchir.

Gaucher ? Retournez la tablette pour placer les touches à droite, puis indiquez la rotation dans le pilote. Vérifiez en position de dessin que les câbles ne passent pas sous votre main.

Finition et confort

La coque est entièrement en plastique. La finition est correcte, mais elle sonne un peu creux et paraît moins robuste que celle des modèles plus haut de gamme : une housse est conseillée si vous la transportez souvent. Bon point pour les longues sessions : l’écran chauffe très peu. Le stylet se range sur une bande magnétique sur le haut de la tablette, pratique pendant les pauses, mais protégez sa pointe dans un étui pour le transport.

Faire du manga sur 12 pouces : nos conseils

Le petit format n’empêche pas de réaliser une planche, mais il change la façon de travailler. Voici comment en tirer le meilleur.

  • Épurez l’interface. Pendant l’encrage, gardez seulement les pinceaux et les calques. Masquez le reste et rappelez-le avec un raccourci.
  • Utilisez un deuxième écran si vous en avez un : placez-y vos références, le storyboard ou une vue réduite de la planche entière (dans Clip Studio Paint, la fenêtre Navigateur est parfaite pour ça).
  • Zoomez pour encrer, dézoomez pour juger. Une case peut sembler parfaite à 100 % puis devenir illisible une fois la page réduite : trames qui se mélangent, hachures trop serrées, textes trop petits. Contrôlez régulièrement la planche à sa taille de publication.
  • Vérifiez vos noirs et vos gris. L’écran restitue bien les nuances, mais sa luminosité modeste peut rendre les gris foncés difficiles à distinguer : évitez de dessiner face à une fenêtre et gardez la luminosité au maximum.
  • Réglez le support pour voir l’écran sans vous pencher, et gardez l’avant-bras posé sur le bureau plutôt que de faire travailler uniquement le poignet.

Et pour le webtoon ?

Ici, l’Artist 12 3rd est dans son élément. Le webtoon se dessine en bandes étroites (800 pixels de large est un format courant) : en faisant pivoter l’affichage à 90° dans les réglages de l’ordinateur et du pilote, vous obtenez un écran vertical de 1 080 × 1 920 pixels, idéal pour suivre la lecture en défilement. Ses couleurs fidèles en sRGB, l’espace utilisé sur le web, sont un vrai atout.

Deux réflexes à garder : vérifiez chaque épisode sur un téléphone, en particulier les scènes sombres (les visages et les bulles doivent rester lisibles à luminosité normale), et surveillez les performances de votre ordinateur. Les longs fichiers chargés en calques sollicitent sa mémoire vive, pas la tablette.

Notre verdict

La XPPen Artist 12 3rd ne cherche pas à tout faire : elle se concentre sur l’essentiel et le fait bien. Son stylet est au niveau de modèles bien plus chers, l’écran laminé supprime la parallaxe, les couleurs sont fidèles et le coffret ne demande rien de plus pour commencer. En échange, il faut accepter une finition plastique, une luminosité moyenne et, surtout, un petit espace de travail.

Elle est faite pour vous si vous débutez en dessin numérique et possédez déjà un ordinateur compatible, si vous dessinez surtout du webtoon ou des illustrations, si votre bureau est petit ou si vous travaillez dans plusieurs lieux.

Passez votre chemin si vous encrez des planches complètes plusieurs heures par jour et voulez voir toute la page en même temps que vos outils : un 15 ou 16 pouces vous fera gagner du temps. Et si vous voulez dessiner sans ordinateur, une tablette autonome restera plus pratique.

À environ 200 €, c’est l’une des meilleures portes d’entrée vers le dessin sur écran. Et si le petit format finit par vous limiter, elle fera un excellent second écran nomade.

À lire aussi : notre test de l’XPPen Artist 12 de 2e génération

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