Demo #7 : Illustration numérique d’Ayn

Illustration numérique d’ayn
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Dans cet atelier, je vous invite à découvrir mon procédé pour dessiner une illustration numérique, étape par étape.

Je vais dessiner avec vous une illustration d’Ayn, l’héroïne du projet de manga que je souhaite présenter à une maison d’édition. Je travaille sur ce projet depuis des années, il va être temps que je prépare un dossier éditorial ! (Lire l’article : Préparer un Dossier Éditorial)

Avant de commencer

Jusqu’à il y a quelques années, je ne dessinais qu’en traditionnel. L’utilisation d’une tablette graphique me rebutait. Mon niveau en illustration numérique était loin d’être satisfaisant et chaque fois que je m’y attelais le résultat était vraiment… décevant.

À force d’obstination, je me débrouille quand même de mieux en mieux. J’ai d’ailleurs ENFIN trouvé la méthode qui me convient ! Ce ne sera peut-être pas la méthode qu’il vous faut, mais dans cet article je vais partager avec vous comment je procède.

Pourquoi le numérique ?

Pourquoi s’obstiner à dessiner en numérique me demanderez-vous ? Parce que c’est beaucoup plus pratique !

Je peux dessiner n’importe où avec ma tablette, alors que si je dessine en traditionnel, je dois prendre dans mon sac tout mon matériel (papier, plumes, encre, pinceau, crayon et gomme) et trouver une large surface où m’installer…

De plus, le numérique permet de ne pas avoir les mêmes traces de crayon de papier que l’on a sur la feuille, en dessinant au traditionnel, après avoir gommé. Pour peu que l’on ne se trompe pas de calque, les lignes du Line sont toujours très propres !

Et enfin, pour mettre mes dessins en ligne, je n’ai pas besoin de trouver un scanner, ni de faire des réglages pour nettoyer mes lignes, puisqu’elles le sont déjà !

Mon matériel

Avant de commencer, je devrais probablement préciser quel est le matériel que j’utilise :

  • Je dessine sur iPad Pro
  • Avec l’Apple Pencil
  • Et j’utilise l’application Clip Studio Paint.

Allez, il est temps de commencer à dessiner !

L’étape du brouillon

Le format

Dans l’école de dessin où je suis allée, j’ai appris à mes dépends que si la résolution de l’image n’est pas assez élevée, même si le rendu semble correct sur l’écran, à l’impression, le résultat peut s’avérer une horreur pixélisée.

Alors je ne dessine que sur des formats extrêmement grands, avec une résolution de 300 ppp (ou dpi) minimum.

Pour cette illustration numérique en particulier, j’ai dessiné sur une toile de 6071 x 8598 px en 300 ppp.

Oui. C’est immense…

Illustration numérique d’Ayn : création du fichier

Le croquis

L’importance de l’esquisse

J’ai mis du temps avant de comprendre qu’un bon croquis de base est aussi important sur papier que sur tablette.

À force d’entendre des gens parler de la facilité de l’illustration numérique, j’avais fini par y croire. J’avais presque l’impression que le logiciel allait faire le dessin à ma place.

Alors je sautais les étapes de base, pour aller plus vite.

Il était tellement simple d’annuler avec CTRL-Z, que lorsque j’ai commencé à faire des dessins à la tablette, je faisais une esquisse rapide et grossière, afin de commencer le line aussi vite que possible.

Puis, je traçais une ligne… Et j’annulais si ça n’allait pas. Une autre ligne, CTRL+Z… Et ainsi de suite jusqu’à ce que ça me plaise. C’était très laborieux.

Je ne comprenais pas l’intérêt de dessiner au numérique puisque j’y passais tellement plus de temps qu’au traditionnel, pour, au final, obtenir un résultat décevant.

Heureusement, je ne ferai plus jamais ça car j’ai fini par comprendre mon erreur !

Sur papier, je me forçais à faire un croquis travaillé pour être sûre de ne pas avoir de problème au moment de l’encrage. Pourquoi n’ai-je pas compris tout de suite, que le dessin au numérique fonctionne de la même façon ? Mystère !

Le croquis de base

Je commence donc par faire une esquisse numérique très rapide de l’idée de dessin que j’ai en tête, comme je le ferais sur papier.

J’y passe du temps. Je modifie. Je fais des tests. J’imagine différentes poses…

Je me sers des outils du numérique pour faire une bonne composition (lire notre article sur les Techniques de Composition). Je déplace par exemple certains éléments avec l’outil lasso, en grossissant quelques formes pour les accentuer avec l’outil transformation.

Je dessine très grossièrement sur un premier calque, puis je réduis son opacité avant de repasser les traits les plus dynamiques sur un deuxième, et ainsi de suite.

Cette étape là est très agréable. Je travaille vite. Je n’ai pas peur de faire une erreur puisque je suis toujours au brouillon et que ce n’est pas grave. (De plus, je garde tous mes calques pour le moment, comme ça, je peux revenir au brouillon précédent facilement.)

Je continue ainsi jusqu’à obtenir un croquis au brouillon qui sera très détaillé, pour être sûre de ne pas avoir de problème de mise en page par la suite.

Illustration numérique d’Ayn : croquis
Croquis détaillé de mon
illustration numérique d’Ayn

Je dessine le mouvement des cheveux. L’expression du visage. Quelques détails des vêtements et des accessoires. Je m’assure d’avoir une base solide pour commencer les lignes au propre. Je dois être également sûre qu’Ayn soit reconnaissable.

J’ai décidé pour cette illustration numérique de dessiner Ayn dans une vue en plongée, pour sortir de ma zone de confort.

Il m’a fallu corriger à plusieurs reprises la longueur des bras, la taille de la tête par rapport à celle du reste du corps…

Pour aider à comprendre qu’il s’agit d’une vue en plongée, j’ai dessiné des rayures à ses collants : ça accentue l’impression de perspective.

Voilà, la pose et les éléments de l’illustration me plaisent dans l’ensemble. Il ne me reste donc plus qu’à réduire l’opacité du croquis, pour voir ce que je fais en passant à l’encrage numérique !

L’encrage numérique

Illustration numérique d’Ayn : encrage
Progression de mon illustration numérique d’Ayn

Cette étape est celle sur laquelle je passe le plus de temps au total.

Il m’est assez difficile de faire de belles lignes sur le verre de l’iPad : le stylet glisse trop vite, alors que la main raccroche sur l’écran.

Afin de régler ce problème, j’utilise un gant spécial écran qui ne couvre que deux doigts.

Je fais également attention à utiliser un nouveau calque, chaque fois que je suis satisfaite avec une zone de lignes repassées… Eh oui. Ça fait beaucoup de calques.

Pour m’y retrouver, je crée un dossier pour chaque catégorie de traits que je vais faire. Par exemple, je mets toujours les calques des mains dans un dossier spécial. Les cheveux dans un deuxième. Le visage dans un autre.
Il est important avec ma méthode de penser à nommer les dossiers et les calques.

Je commence toujours le Line par le visage. Tant que je ne suis pas satisfaite, je n’ai pas le cœur à entamer le reste.

Les caractéristiques du visage d’Ayn sont : un regard un peu fou, des yeux en amande avec des pupilles très rétractées, de fines lèvres étirées en un sourire carnassier …

Une fois l’encrage numérique de mon illustration terminé, je cache le calque du croquis et je vérifie que les traits sont propres. Je repasse sur certaines zones pour accentuer l’effet de pleins et déliés de ma plume numérique.

Quand le rendu est assez propre à mon goût, je peux enfin commencer la couleur… ( mais pour être honnête avec vous, le Line me stresse tellement qu’il m’arrive de commencer la couleur avant de l’avoir complètement terminé ! )

Illustration numérique d’Ayn : Line
Illustration numérique d’Ayn : Line terminé

Passage de l’illustration à la couleur

Pour faire la couleur d’une illustration numérique, je procède un peu de la même manière que le Line.

Les zones de colorisation

Illustration numérique d’Ayn : Zones de couleur
Les zones de couleur qui font mal aux yeux

Je vais séparer chaque zone à travailler dans un dossier de couleur différent. Pour ne pas avoir à m’inquiéter de dépasser par la suite, je peins les zones avec une couleur de base (le résultat fait souvent mal aux yeux, mais je prend des couleurs facile à voir, pour éviter de dépasser, puis je verrouille les pixels transparents. Je peins ensuite par dessus avec des masques d’écrêtage.

Dans cette illustration j’ai fait : une zone visage avec une zone spéciale pour les yeux, une zone chemise (en bleu), une zone combinaison et bandeau (en rouge) une zone cheveux, une zone livre et une zone pour les rayures des collants.

Je donne ensuite une couleur proche de la couleur que je veux faire pour le rendu final. De préférence, je choisis une teinte ni trop foncée ni trop claire, afin de pouvoir appliquer facilement mes ombres et mes lumières.

Avancée de la couleur

Comme à chaque nouvelle étape de mes illustrations, je m’occupe d’abord du visage. Pour que l’ensemble soit harmonieux, il faut que je fasse toutes les zones de peau au même moment.

La couleur de la peau

Ma couleur de base pour la peau d’Ayn est toujours très pâle. Je commence par appliquer une couleur rose sombre sur le nez et dans les zones d’ombre.

Je lui fais toujours un maquillage qui ressemble à des cernes dans les tons rouges, pour accentuer son regard fou. Cette couleur aide aussi à faire ressortir le bleu presque blanc de ses yeux.

En parlant de ses yeux ! Pour les faire aussi pâles que possible, mais pourtant montrer que je n’ai pas oublié de les colorier, je joue avec des dégradés légers, surtout sous la lumière que je poserai sur la pupille : ça accentue à la fois l’effet brillant de la lumière et la profondeur de l’œil.

Illustration numérique d’Ayn : couleur de peau

J’aime connaître tout de suite mes volumes, car pendant très longtemps mes professeurs m’ont reproché mes dessins « plats ». Alors, je pose un peu de blanc sur le nez, le menton, les joues… et j’accompagne ces touches de blanc d’une couleur légèrement bordeaux pour les ombres afin d’accroître le volume.

Encore une chose qu’il m’a fallu du temps pour comprendre : je ne suis pas obligée d’utiliser l’exacte même teinte à chaque fois. A vrai dire, l’utilisation de couleurs similaires (mais toujours différentes), aide à ne pas faire de colorisation plate.

Je crée le volume général pour commencer. Je reviens plus tard sur l’ensemble du corps du personnage pour poser mes lumières.

Les vêtements et accessoires

Ayn est un personnage sur lequel je n’utilise généralement que le noir, le blanc et le rouge. C’est la charte graphique que j’ai décidé lorsque j’ai travaillé son character design. (lire l’article Créer un Character Design Original)

J’avais donc l’intention de faire sa combinaison et son bandeau en rouge… Mais après réflexion, je me suis dit que j’allais faire une illustration où elle serait pour une fois en orange, qui rappelle Halloween et qui reste bien dans l’esprit du personnage d’Ayn.

Rien de plus facile que de changer la couleur d’un élément !

L’outil « correction de teinte » permet de faire des ajustements grâce aux options « teintes », « saturation » et « luminosité ».

Illustration numérique d’Ayn : changement de teinte
Corriger les teintes d’une illustration numérique

Ombres et lumières

Les ombres et les lumières sont mes alliés dans cette vue en plongée, pour aider à faire comprendre les volumes du corps d’Ayn.

Les ombres

Comme je décide que ma source de lumière vient du dessus, je positionne des ombres sur le cou, sous la poitrine et sous les genoux. Ce sont les zones que la lumière ne peut atteindre.

Pour éviter d’utiliser des couleurs trop sombres, je fais un dégradé de la couleur sombre de l’ombre jusqu’à la zone de lumière. Ainsi, on retrouve tout de même la couleur orange de la teinte de base des vêtements.

Je glisse un petit liseré d’ombre sous chaque épaisseur de tissus, pour que l’on comprenne qu’il s’agit d’une superposition. Enfin, pour en finir avec les ombres, j’assombris les creux que forment les plis.

Les lumières

Pour commencer, je mets quelques points de blanc dans les yeux d’Ayn, pour donner de la brillance et de la vie à son regard, puis je fais de même avec ses lèvres, pour un effet glossy.

Ensuite, j’éclaircis toutes les zones qui sont en contact avec la couleur d’ombre la plus foncée. Ainsi, j’accentue la forme du volume.

J’aime ajouter un liseré blanc qui longe le Line sur le bord des joues, des vêtements et des accessoires. Je trouve que ça met en valeur les contours de mes personnages.

Le fond

Il me faut à présent décider quoi faire pour le fond. Certaines personnes préfèrent travailler sur la couleur du personnage avec un arrière plan préalablement mis en place, pour les aider à faire de bons contrastes.

Il m’arrive de le faire, mais pour être honnête… Je ne le fais pas à chaque illustration. Et je ne l’ai pas fait pour celle-ci. Oups !

Pour cette illustration, j’ai hésité à utiliser une couleur complémentaire au orange, comme le bleu. Mais en faisant mes tests, j’ai eu l’impression qu’Ayn perdait de sa prestance, de l’aura de folie qu’elle dégage.

Au final, je me suis décidée à faire du orange également pour le fond, en jouant avec des dégradés plus clairs.

Finitions

Textures

Mon illustration numérique est presque terminée ! Il faut encore que j’y ajoute quelques textures. Pour commencer, j’aimerais que toutes les zones de ses vêtements en orange aient un motif commun.

Je choisis d’y poser une trame avec de petites formes d’étoiles, juste pour briser la monotonie de mes coups de pinceau numérique. Après un essai pour disposer la trame dans la perspective, j’estime que le rendu est meilleur quand je laisse le motif à plat.

Pour apposer un motif sur une zone précise, il suffit que celle-ci soit sur un calque séparé des autres, puis d’y superposer un masque avec la trame choisie !

J’avais le sentiment que le fond méritait également quelques petites touches de texture. Après quelques tests, je découvre un pinceau parfait : on dirait du brouillard un peu sale, ou de la fumée. Cela ajoute un effet un peu glauque au résultat final !

Pour améliorer l’uniformité de ce dessin, je le recouvre entièrement avec une texture très légère qui donne un effet « papier à grain », qu’il est difficile d’obtenir en illustration numérique.

En ce moment j’aime faire des cadres à mes illustrations… Je trouve que ça apporte un effet abouti au rendu final.

Je les fais généralement très simples. J’ai choisi ici de faire un contour, doublé d’un cadre intérieur plus petit. Je les ai tracé en blanc, puis j’ai réduit leur opacité à 50%, pour qu’ils restent dans les tons de couleur orange clair.

Illustration numérique d’Ayn : sans texture et avec
Mise en place des textures sur mon illustration numérique d’Ayn

Je pensais avoir terminé, mais Ayn me donne l’impression de flotter, dans cette illustration numérique… Alors pour éviter ça, j’ai eu l’idée de dessiner son ombre sur le sol.

J’utilise la même couleur que celle des cheveux, dont je réduis l’opacité puis je fais plusieurs essais pour dessiner l’ombre, à la main.

Le résultat ne me plait pas du tout… Alors juste pour tenter le coup, je récupère la silhouette d’Ayn, la colorie de la même couleur que les cheveux, puis j’utilise l’outil déformation pour la mettre à plat dans la perspective…

Après quelques retouches, je trouve que ça ne donne pas trop mal !

J’ai essayé de mettre l’ombre dans différents angles. Je décide de la garder alignée avec les cheveux, qui partent dans le sens opposé, pour jouer sur l’équilibre des éléments de mon illustration numérique.

Touche finale

Il ne me reste plus qu’à signer ! Je pose ma signature en petit, dans une teinte assortie à mon illustration (ici d’une couleur similaire à celle des cheveux) pour ne pas attirer le regard du spectateur dessus…

Mais ! Il est important pour moi de signer dans une zone qui ne pourra pas être coupée en cas de recadrage, et qui restera visible dans le cas où elle serait diffusée ailleurs que sur mes réseaux sociaux.

Illustration numérique d’Ayn : résultat final
Rendu final de mon illustration numérique d’Ayn

Conclusion

Et voilà, cet atelier touche à sa fin, j’espère qu’il vous aura plu !

Je dois encore m’améliorer en dessin. Il suffit que quelques semaines s’écoulent pour que je vois tous les problèmes, tous les défauts de mes illustrations.

Aujourd’hui déjà, je me rends compte que celle-ci manque de contraste (j’aurais peut-être dû faire ma coloration avec le fond déjà mis en place !). Les ombres ne sont pas assez précises non plus…

Mais c’est à force de dessiner que l’on s’améliore ! Alors je m’en retourne à ma prochaine illustration et vous dis à très bientôt pour un nouvel atelier !

Si vous souhaitez voir plus de mes illustrations ou lire quelques pages de mes autres projets, je vous invite à visiter mes liens, ci-dessous :

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