Anatomie d’une bulle de BD

Anatomie d’une bulle de BD
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Les bulles de dialogues

Qu’est-ce qu’une bulle ?

La bulle ou phylactère

En BD, c’est tout simplement le contenant dans lequel on place le texte, pour le mettre en valeur. Elle assure également de séparer le texte d’un personnage par rapport à celui d’un autre.

Les bulles sont orientées différemment selon s’il s’agit d’un manga (où elles sont verticales) ou d’une BD Franco Belge (où elles sont horizontales).

C’est pour une raison très simple : les mangas sont d’origine japonaise, et au Japon, les textes s’écrivent de haut en bas, en colonne. Il est donc plus logique que leurs phylactères soient tracés dans le sens de leur écriture.

Au contraire, en Europe, le texte s’écrivant de gauche à droite, en lignes, il est plus logique que les phylactères se dessinent à l’horizontale !

Le texte et idéogrammes

Bulles idéogrammes

Le texte dans la bulle est ce que le personnage a à dire, c’est sa voix.

Dans certaines BD Franco Belges, on trouve également, en remplacement du texte, des idéogrammes. Il s’agit de dessins exprimant une idée : on les utilise notamment pour faire dire des grossièretés aux personnages sans employer les termes exacts.

© Hergé

Queue ou appendice

L’appendice, ou queue de la bulle, est l’élément qui permet aux lecteurs de comprendre qui parle. Orientée de préférence en direction de la bouche du personnage, elle peut aussi indiquer que la voix provient du ventre des ventriloques, par exemple…

Grâce à cet élément, il est également possible de faire comprendre que la voix d’un personnage provient du hors champs : il suffit que l’appendice pointe le bord de la case.

Bulle de Personnage hors champs

Bulles associées

Bulles-associées

Lorsqu’un personnage a beaucoup de choses à raconter, il sera plus digeste de diviser le texte en plusieurs bulles, reliées entre elles. Cela permet d’indiquer que le personnage qui parle est toujours le même, sans ajouter un appendice à chaque bulle. On se contente de le placer sur la dernière des bulles associées.

Cette méthode permet également, lors d’un dialogue de phrases très courtes, lors d’un échange sans trop d’importance, de ne pas redessiner les personnages à chaque texte.

Bulles superposées

Superposer les phylactères est une technique permettant de dynamiser le dialogue. En effet, selon l’agencement que l’on en fait, on peut donner l’impression que plusieurs personnages parlent au même moment, ou que l’un d’entre eux interrompt les autres…

Superposer de nombreuses bulles dans une seule case donne une impression de brouhaha, qu’il y a beaucoup de monde qui parle en même temps.

Le texte dans les bulles

Lors de l’étape du storyboard, il est important de déjà réfléchir à la position des phylactères. Ainsi, ils ne seront pas tassés dans un espace restreint au fond de la case.

Puis, au passage au propre de votre planche, écrivez votre texte avant de tracer la bulle. Vous serez sûrs de tracer ses contours correctement.

Espace autour du texte

Pour qu’une bulle soit agréable à lire, il faut qu’il y ait un espace bien calculé entre ses contours et le texte qu’elle contient. Il vous faudra trouver le juste milieu entre trop d’espace et pas assez.

Si le texte est trop près du contour, il est possible que le lecteur ait des difficultés pour ce concentrer sur ce qui est écrit.

En revanche, si l’espace est trop grand, vous aurez sûrement des difficultés à trouver de la place pour intégrer la bulle dans la case.

Espace pour le texte dans la bulle

Longueur du texte

Il est préférable d’éviter les textes trop longs. Si la bulle est trop chargée, le lecteur perd le fil ou se lasse de lire. Il risque aussi de passer à côté d’une information importante pour la suite du récit.

Si vous voulez dévoiler un élément clef du récit, réduisez sa longueur dans le phylactère, quitte à couper le texte en deux (avec des points de suspension), pour que la partie la plus importante soit courte et dans une bulle séparée.

En revanche, si vous souhaitez montrer que l’un de vos personnage est exceptionnellement bavard, écrire un texte très long, que le lecteur n’aura pas envie de lire jusqu’au bout, peut servir votre propos !

© Kuru

Taille de police

Il est conseillé de choisir une taille du texte qui restera constante tout au long de l’histoire. En changer trop souvent peut perturber le lecteur.

Vous pouvez en revanche jouer sur la taille de la police pour donner un sentiment de changement dans la force de la voix : un murmure pourra s’écrire plus petit que la taille que vous utilisez habituellement dans le récit.

Un cri s’écrira quant à lui bien plus grand.

Typo du texte

Certains auteurs choisissent d’utiliser des polices de caractère différentes, qu’il associent à une langue, un personnage, ou un groupe de personnages particulier, pour que le lecteur sache toujours qui a parlé.

Bien choisir sa police de caractère permet également d’associer un timbre de voix au personnage qui parle. Une police fine et tout en courbes donnera une impression d’élégance, de délicatesse, tandis qu’une police solide, carrée, donnera une impression de puissance, peut-être aussi de sévérité.

Je vous invite à parcourir les sites Dafont ou 1001freefonts, qui proposent un large choix de polices de caractère. Vérifiez bien, avant de les utiliser, qu’elles ne sont pas réservées à un usage personnel, si vous souhaitez par la suite diffuser votre BD, Manga ou Comic.

Mettre certains mots en Gras, en Italique ou en Souligné les met en valeur pour que le lecteur y prête plus attention, ou surtout, pour qu’il mette une intonation forte dessus en les lisant.

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© Midam

Ce procédé est plus rarement utilisé dans les mangas, mais on le trouve assez souvent dans les BD Franco Belges.

Les différents types de bulles

Bulles exprimant une émotion

Colère

Bulles de colère

Les phylactères exprimant la colère ont des contours hérissés de pointes, comme si la puissance de ce sentiment cherchait à s’échapper du contenant.

Ces bulles sont généralement plus grandes que les autres et il arrive souvent qu’elles  « débordent » (intentionnellement) du bord de la case.

Le texte qu’elles contiennent est généralement écrit plus grand et on peut envisager de le mettre en gras, pour plus d’impact. Il arrive également que l’auteur utilise un contour de bulle en gras (plus épais).

Certain mangas, pour exprimer la colère, iront jusqu’à utiliser un fond noir et un texte en blanc, pour que cette émotion se voit clairement sur la page.

Peur ou gêne

Bulles de peur et de gêne

Lorsque l’on exprime un sentiment de gène ou de peur, on peut faire ressentir l’instabilité de la voix en rendant les contours de la bulle irréguliers.

Au contraire de la colère, le texte peut être écrit plus petit, car le personnage n’ose pas élever la voix.

Enjoué, plein d’énergie

Bulle de joie

Ce type d’émotion peut être exprimé avec la forme de la bulle, en utilisant une forme de nuage (comme pour les pensées, mais associées à un appendice de dialogue normal), par exemple.

Bulles de pensées

Elles contiennent, comme leur nom l’indique, les pensées du personnage. Leurs contours sont aériens, légers, car les mots ne sont pas rendus réels par la voix.

Dans les BD Franco Belges, on trouve souvent les pensées dans des formes en nuages, avec un appendice en plusieurs parties (souvent 3 petits ronds à la taille décroissante).

© Franquin

Dans les mangas, leurs formes sont beaucoup plus libres et on trouve même parfois des formes fantaisie (contours tracés à la trame plutôt qu’à l’encre, par exemple) et il arrive que le texte n’ait pas de contour du tout.

Bulles de pensées

Un chuchotement

Exprimer le fait qu’un personnage parle tout bas s’exprime facilement avec la taille du texte en plus petit, mais il est possible d’accentuer cette impression grâce aux contours de la bulle.

Comme le chuchotement se situe entre la voix normale et la pensée, certains auteurs dessinent les contours du phylactère en pointillés.

Bulles non humaines

Bulle texte au micro

Il existe des dialogues qui ne sont pas exprimés par la voix, comme par exemple les messages sur téléphone. On utilise dans ces cas là une bulle rectangulaire, qui possède un appendice indiquant la provenance du message (pointé vers l’écran du téléphone qui a reçu le message).

Les voix déformées par des appareils électroniques, comme quand on parle dans un micro par exemple, sont exprimées par des phylactères en losanges, ou bien en rectangle avec quelques marques sur les contours pour exprimer les ondes radios qui s’en échappent.

Pour accentuer cette différence de son dans la voix, la police pourra être différente du reste du texte et être mise en italique.

Les cartouches

Les cartouches, ou cadres récitatifs, sont des apartés du narrateur pour aider à la compréhension de l’histoire.

Généralement écrits dans un cadre rectangulaire, ils peuvent indiquer un changement de lieu, de temps ou expliquer le contexte.

© Uderzo, Goscinny

Conclusion

Pour tracer vos bulles proprement, n’hésitez pas à utiliser des outils de traçage, on vous en parle dans un article très complet !

Chaque auteur a sa propre méthode pour laisser s’exprimer ses personnages. Vous pouvez bien sûr inventer vos propres codes, si vous les utilisez de manière évidente dans votre récit, pour que le lecteur sache ce que vous avez cherché à exprimer.

Encore une fois, je n’insisterai jamais assez là dessus, faites vos propres expériences… il faut créer des planches, se lancer dans la création, tout simplement, pour comprendre les mécanismes de la BD, du Comic ou du Manga.

Merci à tous d’avoir lu jusqu’ici, j’espère que ce tutoriel vous aura plu, et surtout qu’il vous aura aidé !

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